1940 ENTRER EN RESISTANCE Comprendre, refuser, résister.

/// Résistance, n° 1, 15 décembre 1940 (coll. Bibliothèque nationale de France)

Affiche CNRDRésistance est l’organe du groupe de scientifiques dit réseau du Musée de l’Homme qui refuse la défaite, l’occupation et la collaboration. Cinq numéros paraissent jusqu’au début 1941. Le mouvement subit une série d’arrestations qui le démantèle. Certains de ses responsables sont fusillés ou déportés. Un ultime numéro paraît en mars 1941.

En mai-juin 1940, la France connaît le pire effondrement militaire de son histoire. La guerre commencée en septembre 1939 tourne à l’avantage de l’Allemagne à partir de l’offensive de mai 1940. En six semaines, l’armée française est battue. C’est un traumatisme. Outre les soldats qui tentent de lutter mais font retraite, plusieurs millions de civils sont sur les routes de l’exode, cherchant leur salut vers le sud.

Le 17 juin, le maréchal Pétain, chef du nouveau gouvernement, demande l’armistice signé le 22 juin. Le nord et l’ouest du pays sont occupés par les troupes allemandes, l’Alsace-Moselle est annexée. Seule une partie sud de la France reste sous le contrôle direct du gouvernement français. Le 10 juillet, le maréchal Pétain obtient les pleins pouvoirs puis fonde l’Etat français, un régime autoritaire dirigé depuis Vichy. Rares sont ceux qui tentent de s’opposer à la prise du pouvoir par Pétain.

Dès le 18 juin, le général de Gaulle lance un appel à résister et à le rejoindre à Londres. Il regroupe autour de lui une force de quelques milliers d’hommes, reconnue par le gouvernement britannique qui lui accorde son soutien. Le ralliement de territoires de l’Empire français donne une certaine crédibilité à cette représentation d’une France libre qui veut continuer le combat.

En France, des hommes et des femmes refusent également la défaite. Pris au dépourvu, peu ou pas organisés, manquant de tout, ils s’efforcent de s’opposer à l’occupant allemand en utilisant tous les moyens à leur disposition, même les plus modestes : renseignements et sabotages, fabrication et diffusion de tracts puis de journaux clandestins. L’Etat français engagé dans la collaboration avec la puissance occupante est considéré par beaucoup comme un ennemi même s’il peut encore compter sur un large soutien dans la population.

Les premiers groupes de résistants se constituent dans ce contexte incertain et doivent immédiatement faire face à une répression efficace et implacable. En 1941, la nécessité de rassembler des forces encore réduites et dispersées et l’élargissement du conflit marquent le passage d’une nouvelle étape : à l’émergence difficile et chaotique du début succède la progressive montée en puissance de la Résistance, à l’intérieur comme à l’extérieur de la France. Viendra bientôt le temps du rapprochement.

Première partie :
de la montée des périls à la défaite

Deuxième partie :
de l’Occupation à la Collaboration

Troisième partie :
naissance et renforcement de la France libre

Quatrième partie :
naissance et développement de la Résistance intérieure

 

Lire la suite